x-news-poupey-xEt si c'était vrai... (2000)Où es-tu ? (2001)Sept jours pour une éternité... (2003)La prochaine fois. (2004)Vous revoir. (2005)Mes amis, Mes amours (2006)Les enfants de la liberté. (2007)Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites. (2008)Parce que ce qu'il écrit passe au dessu de tout se qu'on peut dire.
C'est la fin de notre moment, le début d'un souvenir qui durera pour moi l'éternité. Il y avait en chacun de nous tant d'accompli et tant d'inachevé quand nous étions réunis. Ne sois pas triste, personne ne pourra nous voler nos souvenirs. Il me suffit desormais de fermer mes paupières pour te voir, cesser de respirer pour sentir
ton odeur, me mettre face au vent pour deviner ton souffle. Alors écoute: où que je sois je devinerais tes éclats de rire, je verrais les sourires dans tes yeux, j'entendrais les éclats de ta voix. Savoir simplement que tu es là quelque part sur cette terre sera, dans mon enfer, mon petit coin de paradis...
Marc Lévy Vous revoir.
Les gens sont libres, et l'attachement est une absurdité, une incitation à la douleur.
Audrey se disait que le mieux serait peut-être de ne plus jamais aimer. Pouvoir tout effacer, oublier les promesses, recracher ce poison au goût de trahison. Combien de jours et de nuits faudrait-il, cette fois encore, pour cicatriser ? Surtout, ne pas penser maintenant aux week-ends à venir. Réapprendre à contrôler les battements de son coeur quand on croit voir l'autre au détour d'un carrefour. Ne pas baisser les yeux parce qu'un couple s'embrasse sur un banc devant vous.
Et ne plus jamais, jamais attendre que le téléphone sonne.
S'empêcher d'imaginer la vie de celui qu'on a aimé. Par pitié, ne pas le voir lorsqu'on ferme les yeux, ne pas penser à ses journées. Hurler que l'on est en colère, qu'on vous a trompée.
Que sera devenu le temps de la tendresse, des mains qui se croisaient quand on marchait ensemble ?
Si tu voulais encore de nous, je chasserais
tes solitudes, te prendrais par la main pour
t'emmener sur un chemin que nous
ferions ensembles.
Je veux vieillir dans tes regards et habiller
tes nuits jusqu'à la fin de mes jours
C'est mots là, c'est à toi seule que
je les ecris mon amour.
[Lettre d'Antoine à Sophie.]
Laisser entrer quelqu'un dans sa vie, c'est abattre les murs que l'on a construits pour se protéger,
pas attendre que l'autre les enfonce !
Marc Lévy Mes amis, Mes amours
Maman ne sait pas que sur un quai de gare, on va la séparer de cet homme
qu'elle aime presque plus que nous.
A partir de ce lundi midi et pendant deux ans, sans cesse mon coeur va battre dans ma poitrine
au rythme que lui impose la peur.
Le plus dur, je sais que c'est difficile à croire, fut de trouver la Résistance.
Nous ne nous battons pas pour mourir, mais pour la vie, tu comprends ?
Elle se dit que, dans la rue, sa maman entend les mots qu'elle murmure entres ses lèvres,
même si elle les serre fort.
Je ne sais pas si le "bout" dont tu me parles existe vraiment, si nous nous réveillerons un jour de ce cauchemar que nous vivons depuis des mois. Mais si tu veux savoir si j'ai peur depuis que Rosine et Marius sont morts, oui, Stefan, j'ai peur ; en me levant le matin, j'ai peur ; tout au long de la journée, quand j'arpente les rues pour glaner des informations ou filer un ennemi, j'ai peur ; à chaque carrefour, j'ai peur qu'on me suive, peur qu'on me tire dessus, peur qu'on m'arrête, peur que d'autres Marius et Rosine ne reviennent pas de l'action, peur que Jeannot, Jacques et Claude soient fusillés, peur qu'il arrive quelque chose à Damira, à Osna, à Jan, à vous tous qui êtes ma famille. J'ai tout le temps peur, Stefan, même en dormant. Mais pas plus qu'hier ou avant hier, pas plus que depuis le premier jour où j'ai rejoint la brigade, pas plus que depuis ce jour où l'on nous a ôté le droit d'être libres. Alors oui, Stefan, je vais continuer à vivre avec cette peur, jusqu'à ce "bout" dont tu me parles, même si j'ignore où il se trouve.
Nous irons la tête haute et lui vivra toujours à voix basse.
Les sentiments voyagent à travers les barreaux les plus étroits, ils s'en vont sans peur de la distance, et ne connaissent ni les frontières des langues, ni celles des religions, ils se rejoignent au-delà des prisons inventées par les hommes.
Si nous survivons à cet enfer, pourrons-nous un seul jour l'oublier ? Aurons-nous le droit de revivre comme des gens normaux ? Peut-on gommer la part de mémoire qui trouble l'esprit ?
Tant que tu feras rire Alice, tant que tu lui donneras l'envie de te retrouver, alors que tu viens à peine de la quitter pour aller travailler, tant que tu seras celui dont elle partage partage les confidences et à qui elle aime aussi se confier, tant que tu vivras tes rêves avec elle, même ceux que tu ne pourras pas réaliser, alors je suis certaine que quelles que soient tes origines, la seule chose qui sera étrangère à votre couple sera le monde et ses jaloux.
Jeannot, tu leur diras de raconter notre histoire, dans leur monde libre. Que nous nous sommes battus pour eux. Tu leur apprendras que rien ne compte plus sur cette terre que cette putain de liberté capable de se soumettre au plus offrant. Tu leur diras aussi que cette grande salope aime l'amour des hommes, et que toujours elle échappera à ceux qui veulent l'emprisonner, qu'elle ira toujours donner la victoire à celui qui la respecte sans jamais espérer la garder dans son lit. Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j'ai dans la bouche et sur les mains
Dans ce champ de chaumes, mon petit frère et moi étions et resterions à jamais deux enfants de la liberté, égarés parmi soixante millions de morts.
Marc Lévy Les enfants de la liberté.
_ Vous avez accouché d'une peluche, mademoiselle, et moi d'un enfant, alors gardez vos leçons de vie pour vous, si vous le voulez bien !
_ C'est vrai, les petites filles ce n'est pas comme les peluches, on ne peut pas rafistoler les déchirures qu'on leur a faites !
Tu as stoppé ma valse folle en me serrant dans tes bras et tu as dit, voilà, c'est cela le romantisme allemand, un rond au milieu d'un carré, pour prouver que toutes les différences peuvent s'épouser.
Si nous nous retrouvons, je ferai le serment de ne pas enlever la fille que tu me donneras à l'homme qu'elle choisira un jour. Et quelle que soit sa différence, je comprendrai celui qui me la volera, je comprendrai ma fille puisque j'aurai aimé sa mère.
_ Tu veux que nous nous posions de vraies questions ? J'en ai quelques-unes pour toi. T'es-tu seulement demandé si Tomas aimerait te revoir ? De quel droit t'autorises-tu à réapparaître ainsi ? Est-ce simplement parce que tu as décidé que le moment était venu ? Parce que l'envie te passait par la tête ? Te voilà ressurgie d'une autre époque, mais il n'y a plus de mur à abattre, plus de révolution à faire, plus d'extase ni d'émerveillement, plus de folie ! Il ne reste qu'un peu de raison, celle d'adultes qui font de leur mieux pour avancer dans leur vie, mener leur carrière. Fiche le camp d'ici, Julia, quitte Berlin et rentre chez toi. Tu as fait assez de dégâts comme ça.
_ Je t'interdis de me dire des choses pareilles, répliqua Julia, les lèvres tremblantes.
_ Je n'en aurais pas la légitimité ? Continuons le jeu des questions. Où étais-tu quand Tomas a sauté sur une mine ? Etais-tu en bas de la paserelle à sa descente d'avion lorsqu'il est rentré éclopé de Kaboul ? Venais-tu chaque matin l'accompagner à ses séances de rééducation ? Etais-tu là pour le consoler quand il était désespéré ? Ne cherche pas, je connais la réponse, puisque c'était ton absence qui l'accablait ! As-tu la mondre idée du mal que tu lui as causé, de la solitude dans laquelle tu l'as plongé, sais-tu combien ça a duré ? Te rends-tu compte que cet idiot avait le coeur si abîmé qu'il trouvait encore le moyen de prendre ta défence, alors que je faisais tout mon possible pour qu'enfin il te haïsse.
Des larmes avaient beau couleur sur les joues de Julia, rien n'aurait pu faire taire Knapp.
_ Peux-tu compter le nombre d'années qu'il lui aura fallu pour accepter de tourner la page, pour réussir à se défaire de toi ? Pas un recoin de Berlin où nous ne marchions le soir sans qu'il me parle d'un souvenir de vous qui lui rappelaient la devanture d'un café, un banc dans un parc, une table dans une taverne, les berges d'un canal. Sais-tu combien de rencontres furent vaines, combien de femmes qui tentaient de l'aimer se sont heurtées tantôt à ton parfum ou à l'écho de tes mots imbéciles qui le faisaient rire.
" J'ai dû tout apprendre de toi ; le grain de ta peau, tes humeurs du matin qu'il trouvait si charmantes sans que je comprenne pourquoi, ce que tu prenais au petit déjeuner, la manière dont tu nouais tes cheveux, maquillais tes yeux, les vêtements que tu préférais porter, le côté du lit où tu dormais. J'ai dû écouter mille fois les morceaux que tu apprenais à ta leçon de piano les mercredis, parce que l'âme en lambeaux il continuait de les jouer, semaine après semaine, année après année. Il m'a fallu regarder tous ces dessins que tu faisais à l'aquarelle ou au crayon à papier, ces stupides animaux dont il connaissait chaque nom. Devant combien de vitrines l'ai-je vu s'arrêter, parce que telle robe t'aurait plu, parce que tu aurais aimé telle peinture, tel bouquet. Et combien d'autres fois me suis-je demandé ce que avais bien pu lui faire pour lui manquer à ce point ?
" Et quand enfin il commençait à aller mieux, je redoutais que nous croisions une silhouette qui te ressemble, un fantôme qui lui aurait fait rebrousser le chemin parcouru. Elle fut longue la route vers cette autre liberté. Tu me demandais pourquoi je t'ai menti ? J'espère que tu as maintenant compris la réponse.
Sors, arrête-toi sous chaque fenêtre éclairée, lève la tête, demande-toi ce que tu ressens quand tu croiras reconnaître sa silhouette derrière un rideau ; et si tu penses que c'est lui, crie son prénom depuis la rue, il t'entendra, descendra ou non, te dira qu'il t'aime ou bien de foutre le camp à jamais, mais tu en auras le coeur net.
Marc Lévy Toutes ces choses qu'on ne s'est pas dites.